Tout savoir sur le ATR 42 / ATR 72

Besoin d’un drone ? Comparez les meilleurs modèles

Nous ne vendons pas de drones sur ce site. Le lien ci-dessus vous permet de découvrir des modèles adaptés aux débutants, aux usages professionnels, et aux prises de vue aériennes.

Lorsque l’on parle de transport aérien régional, un nom revient presque toujours : ATR. Ces avions quadrillent l’Europe, l’Afrique, les archipels du Pacifique, les îles de l’océan Indien, ainsi que des centaines de lignes intérieures dans les pays où les jets ne peuvent pas opérer. Et au cœur de cette flotte se trouvent deux modèles iconiques : l’ATR 42 et l’ATR 72.

Ce sont des turbopropulseurs modernes, économiques, simples à maintenir, capables de décoller sur des pistes courtes, souvent là où aucun Airbus ou Boeing n’ira. Cet article complet vous permet de tout comprendre : histoire, rôle, fiche technique, fonctionnement, exploitation, coûts, sécurité et avenir dans l’aviation durable.

1 — Qu’est-ce qu’un ATR ?

ATR signifie Aerei da Trasporto Regionale, un constructeur européen basé à Toulouse, cofondé par Airbus (France) et Leonardo (Italie). Son objectif : construire les avions régionaux les plus efficaces au monde, en privilégiant l’économie d’exploitation et la capacité d’opérer dans des environnements contraints.

Les ATR sont des turbopropulseurs — c’est-à-dire des avions dont les moteurs sont des turbines qui entraînent des hélices, optimisés pour les vols courts (300 à 900 km). Leur conception vise un seul but : transporter le maximum de passagers avec le minimum de carburant et de contraintes aéroportuaires.

2 — ATR 42 vs ATR 72 : quelles différences ?

Les deux avions sont quasiment jumeaux — l’ATR 72 est une version allongée du 42. Cela facilite l’exploitation : mêmes formations pilote, mêmes pièces, mêmes procédures.

ATR 42 (≈ 48 sièges)

  • Longueur : ~ 22,7 m
  • Passagers : ~ 40 – 50 selon configuration
  • Autonomie : ~ 1 200 km
  • Vitesse croisière : ~ 510 km/h
  • Piste minimale utilisable : ~ 1 050 m (variable)

ATR 72 (≈ 70 sièges)

  • Longueur : ~ 27,2 m
  • Passagers : ~ 68 – 78
  • Autonomie : ~ 1 300 km
  • Vitesse croisière : ~ 510 km/h
  • Piste minimale utilisable : ~ 1 200 m (variable)

Le 42 est utilisé sur les petites lignes et aéroports difficiles ; le 72 maximise la rentabilité sur les lignes régionales à volume moyen.

3 — Pourquoi ces avions sont-ils si importants ?

Parce qu’ils permettent à l’aviation d’exister là où elle n’existerait pas. Ils servent notamment :

  • les îles et archipels
  • les zones isolées (brousses, déserts, forêts, montagnes)
  • les aéroports secondaires proches des centres-villes
  • les lignes à faible demande, non rentables en jet

Exemple : en France, des liaisons telles que Aurillac–Paris ou Brive–Lyon n’existeraient probablement pas sans ATR.

4 — Comment fonctionne un turboprop ATR ?

Les ATR utilisent deux moteurs Pratt & Whitney Canada PW100 (selon versions), réputés pour leur fiabilité.

Principe : l’air est aspiré, comprimé, brûlé, puis la turbine ainsi entraînée transmet sa puissance à une hélice à pas variable. Le pas est ajusté en vol pour optimiser poussée, vitesse, bruit et consommation.

« L’ATR n’est pas un avion lent — il est optimisé. »
Camille

5 — Performances et efficacité énergétique

L’argument numéro 1 des ATR, c’est la consommation.

  • jusqu’à 40 % de carburant en moins qu’un jet de taille comparable
  • –30 à –45 % d’émissions CO₂ par siège
  • coût d’exploitation extrêmement bas pour une ligne commerciale

Sur un vol Paris → Rennes (≈ 1 h), l’écart de temps avec un jet serait parfois inférieur à 6 minutes — mais avec un coût et des émissions bien supérieurs pour le jet.

6 — Expérience passager

L’intérieur d’un ATR ressemble à un petit Airbus ou Boeing, mais avec une ambiance plus intime. L’embarquement se fait souvent par escaliers intégrés, sur tarmac, ce qui rend l’expérience plus “proche” de l’aviation.

Les cabines modernes (série -600) offrent :

  • meilleure insonorisation
  • cockpit full glass Garmin
  • sièges optimisés et éclairage LED

7 — Coûts d’exploitation

L’ATR 72 est réputé pour être l’un des avions les moins coûteux au monde par siège.

Exemple indicatif (variable par région) :

  • coût par heure de vol ≈ 2 000 à 3 000 €
  • consommation carburant ≈ 600–900 kg/h
  • maintenance simple (cellule + moteurs réputés fiables)

À l’achat :

  • ATR 42 neuf ≈ 12 à 18 M€
  • ATR 72 neuf ≈ 20 à 26 M€
  • occasion 72 ≈ 6 à 14 M€ selon âge

Pour les compagnies low-cost régionales, ces chiffres sont la clé de leur survie.

8 — Sécurité des ATR

Les ATR ont un très bon historique de sécurité — mais avec un point important : ils ne sont pas conçus pour voler dans les mêmes conditions extrêmes qu’un A320.

Ils volent plus bas → plus sensibles au givrage. C’est pourquoi les ATR modernes disposent de systèmes anti-icing avancés et suivis spécifiques.

La majorité des incidents historiques proviennent :

  • d’erreurs humaines (CRM, décision)
  • d’exploitation dans zones extrêmes météo

Aujourd’hui, les séries -600 et les procédures modernes ont largement renforcé la fiabilité.

9 — Pourquoi les ATR sont stratégiques pour les pays insulaires

Dans certains pays, les ATR sont littéralement le système circulatoire de l’économie :

  • Polynésie française
  • Indonésie (plus de 17 000 îles)
  • Philippines
  • Japon régional
  • Antilles
  • Madagascar

Les jets ne peuvent pas y atterrir : pistes trop courtes, infrastructures minimales, terrains fragiles. Sans ATR → pas de tourisme → pas de commerce → pas d’accès médical rapide.

10 — ATR cargo et missions spéciales

Il existe des versions cargo (ATR 72-600F) capables de transporter palettes et fret express, parfois pour DHL ou FedEx.

Autres missions :

  • évacuation sanitaire (Medevac)
  • transport militaire logistique
  • surveillance maritime
  • avion-école

11 — Formation des pilotes ATR

Les pilotes passent par une qualification type (type rating ATR 42/72), valable sur les deux appareils.

La philosophie de formation ATR met l’accent sur :

  • gestion de l’énergie
  • prise de décision
  • performance en piste courte
  • CRM (Crew Resource Management)

12 — ATR et aviation durable

Bien avant que l’on parle “d’avions verts”, l’ATR était déjà l’avion le moins émetteur par siège au monde.

Aujourd’hui, la direction développe :

  • compatibilité 100 % SAF à horizon 2030
  • réduction émissions -50% d’ici 2050
  • projets hybrides électriques pour < 30 places

Il est très probable que les ATR soient au cœur de la transition pour les vols courts — car électrifier directement un 180 sièges est irréaliste avant 2050.

Conclusion

L’ATR 42 et l’ATR 72 ne sont pas seulement des avions — ce sont des outils économiques, sociaux, humains.

Ils permettent à des millions de personnes de voyager, travailler, étudier, se soigner, se retrouver. Ils donnent vie à des territoires qui resteraient sinon isolés.

Tant que le monde aura des petites villes, des îles, des reliefs, des économies locales à soutenir, il aura besoin d’ATR.

Dernier mot — Le futur de l’aviation ne sera pas seulement fait de méga-avions électriques. Il sera aussi fait de turboprops intelligents, connectés, sobres et utiles. Et les ATR seront probablement en première ligne.

Article précédent
Article suivant